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Des causes de l´insalubrité dans la ville d´Abidjan



Deuxième métropole de l´Afrique de l´ouest après Lagos, Abidjan vit la crise des ordures sauvages. Anarchie, désordre et insalubrité, tel est le décor que nous présente la plus belle métrople d´Afrique de l´Ouest. Cette situation qui ne rend pas fiers les Ivoiriens, les pousse à un reveil qui bizarrement s´apparente à une chasse aux sorcières. La saleté à Abidjan, certains verront comme seul responsable, Laurent Gbagbo! Analysons un peu les causes de l´insalubrité de la ville d´Abidjan.

Des causes démographiques de l´insalubrité à Abidjan.

Les indicateurs démographiques de la ville qui présentent l’évolution de la population urbaine de ladite métropole, de 1912 à 1998 sont formelles. Depuis des décennies, voire 1921, on remarque de plus en plus “le renforcement du poids d’Abidjan dans le paysage urbain ivoirien”. Ainsi, “la part relative de la population abidjanaise par rapport à la population urbaine totale en Côte d’Ivoire” de 1921 à 1988 : “21% en 1921, 32% en 1960, 44% en 1975 et 46% en 1988″. Il est bien vrai que certaines villes comme Yamoussoukro, San Pedro et Bouaké se débattent pour se hisser dans le peleton des villes actives de notre pays, mais Abidjan reste toujours Abidjan. En 1998, 46% de la population urbaine totale en Côte d’Ivoire vivaient dans la seule ville d’Abidjan et on comptait 20% de la population ivoirienne totale.

La seule ville concentre la majeure partie des activités économiques du pays. Le secteur des services regroupe plus de la moitié des activités et les trois (3) quarts des rémunérations. Quel Ivoirien ne sait pas la grandeur du secteur informel dans la ville d´Abidjan? Plus de la moitié des actifs dans ce secteur résident à Abidjan. 50% des actifs, est omniprésent dans la ville. Aussi gros pourvoyeur d’emplois, ce domaine des petits métiers devient “le refuge de tous ceux qui se cherchent dans la métropole abidjanaise”. Un tableau intitulé “un poids considérable du secteur informel dans la structure des emplois” du Professeur Kobi, Président de l´Institut de Géographie Tropicale à l´Université d´Abidjan, donne des chiffres parlants sur le secteur dans trois villes africaines, Ouaga (Burkina-Faso), Abidjan (Côte d’Ivoire) et Dakar (Sénégal). Quelques exemples : secteur institutionnel en pourcentage : entreprises privées informelles, 73,4% à Ouaga, 74,7% à Abidjan et 76,4% à Dakar. Secteur d’activité (%), Services : 44,6% à Abidjan, 35,5% à Ouaga et 42,1% à Dakar.

Aussi la guerre que vit le pays n´est pas pour aider la ville d´Abidjan. Entre 2002 et 2004, Abidjan a accueilli plus de 35% de la population non-originaire du nord du pays. Aujourd´hui, la ville ploie sous le poids des déchets produits par les populations. Déjà de 1990 à 1996, la quantité de déchets générés par la ville a augmenté continuellement. La production annuelle de l’agglomération est passée de 776 178,4 t à 982 220,4 t ce qui équivaut à un taux de croissance annuelle de 4%. Si le taux de croissance se maintient, fin 2002, le tonnage atteindra 1 246 687 t. Le ratio moyen de la quantité de déchets par habitant est de 1,04 kg/hab/jour. Ce ratio est de 0,41 kg/hab/jour dans les quartiers précaires et de 1,23 kg/hab/jour dans les zones résidentielles. Le ratio des zones est plus élevé que la moyenne estimée au niveau des principales métropoles des pays en développement qui est de 0,5 kg/hab/jour. Cette différence de poids est surtout liée à la composition qui est en majorité faite de fermentescibles mais également du taux d’humidité élevé de la région. En effet, la ville d’Abidjan est sous l’influence du climat tropical humide. Elle reçoit en moyenne 2 200 mm de pluie par an étalés sur 7 mois (MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT ET DU TOURISME. PNAE-CI, 1994). Les poubelles étant très rarement munies de couvercle, cette pluviométrie importante imbibe les déchets et les rend plus lourds surtout qu’ils sont composés à 50,6% de matières organiques (SANÉ, 1999).
Des causes politiques et économiques de l´insalubrité.
Ce ne sont pas les plans d´urbanisation de la ville d´Abidjan qui ont manqué. Les plans Badani et SETAP avant l’indépendance, puis le plan AURA (Atelier d’urbanisme de la région d’Abidjan) qui a pensé et programmé dans ses grandes lignes les structures actuelles et les grands équipements et infrastructures de la ville, ont été tous royalement ignorés sinon mis dans les tiroirs des bureaux de nos dirigeants. Et ce, depuis Bédié jusqu´à Gbagbo. Houphouët qui, déjà au début des années 80 commençaient à comprendre les choses, décide du transfert de la capitale politique à Yamoussoukro, pour désengorger Abidjan et réduire son poids dans le tissu économique de notre pays. Mais quand en 1993, Bédié prend les reines du pouvoir, il met aux oubliettes cette stratégie d´Houphouët pour se concentrer sur sa ville natale et ces « 10 travaux d´éléphant » qui, je le dis n´étaient pas si mauvais que ca !

( Je soutiens mordicus en tant qu´économiste de formation que la politique économique du Pr. Bédié avec ses 10 travaux d´éléphant – était de loin la mieux pensée et apte à nous rapprocher des pays que sont la Tunisie et le Maroc). Mais l´économie seule ne gouverne pas en politique. L´homme (Bédié) est nul en politique politicienne et très rancunier. Yamoussoukro est oubliée, Bédié se concentre plutôt sur ses travaux d´Hercule et sa ville de Daoukro si ce n´est le village de son épouse. Des aménagements structurels sont faits pour avoir cette tant-voulue croissance à deux chiffres.

On notera une réduction nette des dépenses environnementales comme le montre le tableau ci-dessous.

Coûts des prestations de service de ASH de 1992 à 1995

Années Quantité d’ordures Ménagères. collectées en tonnes Budget de la Mairie en FCFA Coûts de la collecte en FCFA % de la collecte dans le budget
1992 441 970,535 9 256 530 000 3 368 038 460 36,38
1993 436 234,85 8 507 483 000 4 286 626 676 50,38
1994 508 847, 25 8 451 603 000 5 186 643 034 61,36
1995 555 245,41 * 7 607 549 175 *
1$C = 420 CFA
Source : Mairie d’Abidjan, Direction de l’environnement, 1995.

A l’observation du tableau , on remarque que de 1992 à 1994, alors que le tonnage d’ordures collectées et le coût des prestations augmentaient, le budget général de la commune connaissait une baisse de 8,7%. La part de la collecte dans le budget est passée de 36,38% à 61,36% au cours de la même période (MAIRIE D’ABIDJAN, 1996). Cette situation est consécutive aux difficultés financières que traverse le pays.
Quant au Pr. Gbagbo, il n´a point le temps de se concentrer et penser sa politique que la guerre le trouva au lit. Il réussit tant bien que mal à relancer le fameux plan d´Houphouët de transfert de la capitale à Yamoussoukro et reformer une administration territoriale pourrie, corrompue et lente, en créant des conseils généraux et de nouvelles attributions aux mairies. Mais la guerre à elle seule ne peut pas expliquer la mauvaise politique environnementale des refondateurs. Malgré la guerre, le pays réussit à engranger une masse d´argent qui surprend économistes et spécialistes de pays en conflits. Chaque année, le budget de l´état est en hausse. Les conseils généraux ne perçoivent pas assez sinon rien qui puissent leur permettre de bien mener leur politique environnementale. De plus, on ne sait pas qui, dans cette cacophonie politique, des conseils généraux, du ministère de la ville et de l´environnement, ou des maries, fait quoi et comment. De plus, on note un certain laxisme et mutisme des décideurs politiques face à l´inaction de décideurs environnementaux.
Des causes sociales et hygiéniques des Ivoiriens
On pourra tout dire de nos décideurs politiques, la ville d´Abidjan ne sera jamais propre si l´Ivoirien ou les habitants du pays, ne le veulent pas. Pour qui vient des pays industriels ou pays propres, on se demanderait si les habitants de la Cote d´Ivoire ne veulent pas la propreté ! Aucune éducation hygiénique, les Ivoiriens croyant que la propreté est d´abord l´affaire de l´état. On jette les ordures partout sans la moindre réflexion, on construit dans la plus grande illégalité et on attend que ce soit l´état qui vienne nous débarrasser de ces ordures.Les Ivoiriens n´ont pas encore compris l´inexistence de l´état providentiel. J´ai subi les courroux d´une personne à qui j´avais manifesté ma désapprobation quand je l´ai vu jeter des ordures dans la lagune au Plateau. « Toi, tu es qui ? Tu me cherches noises, je te frappe et je frappe ton putain de maire si tu l´appelles aussi ! » m´a-t-il froidement lancé au visage. Triste tout ca !



Source : ivoirian.net
 
 
 
   
 
   
   
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